lundi 20 mai 2013

Ne soyez pas en retard,

le monde n'attend pas.
Cette phrase est sur la feuille qui sort de mon imprimante, et m'encourage à penser que la fuite est cette nuit la seule issue possible.

Juste après m'avoir quitté, je réalisais que sans doute je ne reverrai plus jamais Nicklas. La sensation habituelle de ce genre de situation, millénaire, celle que que personne n'arrivera plus à te donner le plaisir que tu ressentais avec lui, et l'impossibilité de retrouver cette complémentarité dans l'immédiat. 

Je ne peux plus coucher avec personne d'autre que lui.

J'étais dans ces états d'âme, trois quarts d'heure après la rupture définitive, lorsque Nicklas m'envoya un sms. J'aurais du y voir un signe de culpabilité de sa part, mais non. Un autre sentiment étrange me prenait la tête. Pourquoi m'écrivait-il ça, si vite, en précisant bien comme pour enfoncer le clou, qu'il était parti car je ne lui "plais plus".


Oui, j'ai répondu ça. Pour lui montrer que je lui étais finalement reconnaissant d'avoir été aussi clair ce soir là, de ne plus me laisser dans le doute.

C'est là où ça va devenir pathétique.

Suite à ma réponse, il va m'envoyer des messages et des messages. 
Il vient de découvrir sur mon mur facebook ce que j'avais posté mardi après-midi, en précision de notre sortie au Spyce :



Il m'envoie une capture de ce qu'il vient de découvrir, me dit que s'il avait su il ne se serait pas comporté comme ça. 
Il m'impose des doutes que pourtant je n'avais plus, et confirme sms après sms la vilaine impression que j'avais eu au départ : 
ce n'est pas un clou qu'il enfonce, mais un couteau qu'il remue.




Je me demande si c'est bien ça.
Si lui est bien en train de faire ça, comme je le pense.
Est-ce-qu'il me torture par sms ? Est-ce que j'ai à faire à un pervers narcissique ? Est-ce moi qui suis perdu ? Une connaissance me dira : 
"-Tu es la cible idéale pour qu'il puisse se branler sur lui-même."


Et puis plus rien. Le silence complet. Je m'étais trompé. Il ne veut pas me torturer. Juste, il s'en fout. Moi j'ai un choix : Je peux me laisser aller et faire comme Pauline, fondre sur le pot de Nutella. Mais je décide de me torturer

Samedi, première journée entière sans aucun contact entre nous depuis trois semaines. Je me tue au sport. Après avoir soulevé des altères pendant une demi-heure je cours d'une traite, musique à fond dans les oreilles, comme pour me saouler, jusqu'au château de Vincennes. Cinq heures de sport. Je m'effondre à 14h30 sur mon lit jusqu'à 18h00.

Aujourd'hui dimanche, deuxième journée sans lui. Il devrait s'éloigner peu à peu. Pourtant il plane, il est partout. Il est dans chaque sonnerie de sms, dans chaque scooter garé sur mon trottoir. 

Je ne dors guère plus que je ne mange. Le pathétique augmente alors que ma vigilance diminue. Je voudrais me raccrocher à quelqu'un mais n'avoir à faire à personne. Je me mets à relancer des plans qui voulaient autrefois tisser une histoire avec moi, et que j'avais éconduis, et avec qui pourtant ça aurait pu fonctionner quelques temps. Ils le savaient, je ne voulais pas le savoir.


Pathétique. 
Je regarde aussi les nombreux commentaires de ce blog. Il n'y en a jamais eu autant. De visiteurs non plus, il n'y en a jamais eu autant. Il faut croire que les peines de mon coeur plaisent plus que les joies de mon sexe. 


Alors que le nombre de visiteurs uniques par jour tournait autour de 90, le nombre s'envole à 130 en pleine rupture.

Je tourne en rond, attend que ça passe, puisque ça va passer.

Et puis mon pote Ben revient. Il était à New-York depuis deux semaines.
Ça a duré une heure tout au plus. On a regardé le prix de divers destinations, on a vu du soleil, un billet pas cher, ce petit hôtel avec vue sur le port, la plage pas loin, les églises abandonnées.
On a décidé de partir, en vérité j'ai décidé de fuir.

Lorsque vendredi je reviendrai, j'espère simplement que Nicklas sera loin.









samedi 18 mai 2013

C'était beau.


Une fin d'après-midi du mois de mai, avec un soleil orange pile dans l'axe de la promenade plantée, qui éclaire nos deux visages en flirtant avec les derniers arbres exposés. L'allée Vivaldi, à deux pas de chez moi, était silencieuse et dorée, et sentait des parfums de fleurs. L'été allait redémarrer, un cycle recommençait et moi j'avais Nicklas devant moi, assis sur son banc, qui restait les yeux posés sur moi. Frissons.

Je me suis décidé à lui écrire en fin d'après-midi. Son message n'attendait à priori pas de réponse mais c'était l'occasion pour moi de saisir une perche, qui peut-être n'existait pas. C'était le risque.
Je décidais de lui dire simplement ce qui m'avait décidé à vouloir le revoir, en lui joignant le texto de ma pote Pauline :



Dès qu'il m'a répondu "-Tu veux que je passe te voir ?" je me suis préparé. rasage, coiffage, jeans qu'il ne connaissait pas, t.shirt blanc et sweat blanc, Angel de Mugler.
"- ok mais pas chez moi, on ira faire un tour." Non seulement j'avais fait une machine et le linge séchait partout, mais il me fallait un lieu neutre.

Une demi-heure plus tard il était là, et garait son scooter juste devant la porte de mon immeuble. Il était beau, rasé, à tomber.

Nous sommes allé au fond des choses. 
Ça commence soft. Mise au point sur les plans, sur ce qu'il est prêt à garder pour lui, à ne pas imposer à l'autre. Il pense qu'il me ferait souffrir à rester avec lui. Je lui demande où seront les plus grandes douleurs pour moi : à nous séparer ce soir, où à rester ensemble. Il pense qu'il me causera davantage de malheur.

Nous y sommes.

Il ne m'aime pas, mais je n'en demandais déjà pas tant. Je ne lui plais pas, en tout cas pas assez. Il n'est sexuellement pas satisfait, alors que j'étais en extase. 
Je n'ai pas compris, ne comprends toujours pas, c'est la première fois que ça m'arrive. Sans doute est-il trop passif et réclame plus de virilité, moi qui croyais avoir révélé son penchant actif. 
Il rectifie en disant que je lui plaisais au début. 
Voilà, je suis ce que j'ai toujours recherché : un plan cul. Quoi de plus logique. Ça explique parfaitement son manque de délicatesse, tout se tient.
Sur le chemin il commente les mecs qu'on croise, fait des doubles sens sexuels en permanence, évoque ses nombreux plans dès qu'il le peut. On dirait qu'il fait le maximum pour me démontrer que je ne pourrai pas supporter ça, et qu'il n'aurait aucune intention de changer sur son absence de discretion quoi qu'il arrive.

J'ai désormais la réponse à la question de Pauline :
Oui, nous sommes au bout de l'histoire.

Il me faudra quelques semaines, me repasser tout le film jour après jour, pour comprendre comment ça s'est passé dans sa tête, et comment j'ai pu me tromper à ce point sur tout.

Silencieux, sur le chemin du retour, il lâche "- En général il me faut deux ou trois mois pour savoir vraiment si le mec me plait."
Le doute se réinstalle. Sa phrase de tout à l'heure se vérifie à l'instant : 
Il va me faire souffrir.
Je lui demande de préciser sa pensée, de dire quelquechose de clair. Je pense "Est ce que ça vaut le coup en fait de persévérer, malgré tout ce qui s'est dit ?"
Il répond :
"- Comment ça quelque chose de clair ? Ah non mais avec toi c'est bon j'ai déjà la réponse, ça n'attendra pas deux mois, une seul m'a suffit."

Voilà, une petite heure s'était écoulée, nous étions revenus au pied de mon immeuble devant son scooter. Le ciel était devenu sombre, ça commençait à cailler et tout le monde dans la rue tirait la gueule. Encore deux mois ou deux mois et demi et l'hiver sera bientôt de retour.
Je lui ai dit au revoir au radar, sans calculer mes mouvements, ai essayé de ne plus regarder son visage, me suis engouffré dans mon hall d'entrée. Je suffoque.

La première chose que j'ai faite en remontant chez moi n'a pas été d'appeler un pote pour me faire consoler, même pas Pauline, pas non plus de laisser les larmes couler, pas de chercher un autre mec. Ça a été de me jeter sur mon blog pour écrire ça : "c'était beau."

La tentation est pourtant très forte à cet instant de faire venir ancien plan énamouré, ex affectif, ou garçon esseulé en mal de câlins.

Mais rien n'était plus important que d'écrire ces trois mots, à la fin de cette sale, très sale journée, au début de cette sale, très sale période qui s'annonce.





vendredi 17 mai 2013

Quand c'est fini c'est fini,

je n'ai jamais été du genre à revenir suite à une rupture, mettant le peu d'honneur que j'ai de côté, pour essayer de recoller les morceaux. Je pense avoir peu de vanité en moi, mais de l'orgueil, énormément. L'histoire a été certes courte, mais intense.

Hier j'étais mal. Pauline une copine m'a forcé à tout lui raconter. Elle est passée chez moi après son travail, est restée une heure et demi à peu près. Une heure et demie à lui sortir des trucs comme :
"- Comme j'ai envie de le rappeler, si tu savais", voilà je vous fais pas un dessin. #soap.

Dans l'après-midi, alors que nous conversions par sms et que je lui décrivais mon état, sans même lui avoir encore dit la raison de la rupture, elle lâcha cette question :



Immédiatement j'ai du accepter la réponse : bien évidemment non. Qu'avait-il fait d'impardonnable pour que je sois sûr que ce problème perdure éternellement ? N'ai-je pas voulu suffisamment écouter ses excuses la veille au téléphone ? Est-ce-que j'attendais davantage ? 
"-Je ne le ferai plus, promis." est peut-être la phrase qui m'a manqué, une façon ou une autre d'aller contre moi, de me dire que si, c'était possible de continuer, qu'il ne s'agissait que d'un malentendu.

Je réfléchissais.


Et puis dans la nuit il y a eu ici même le commentaire d'un certain forensico, que je ne connais pas personnellement, mais qui intervient régulièrement sur ces pages depuis de nombreux mois. Extrait.

(...) Trop de souffrance vraiment?
Mais tu penses pas que tu regretteras cette intensité et que les plans banals te paraitront bien fades après cette aventure? C'est naze non de passer d'un truc aussi planant à un plan basique?
(...)
Tu penses pas qu'en persévérant un peu il pourra pas évoluer peu a peu vers ce que tu voudrais davantage?
Ce matin, lorsque le soleil s'est levé j'étais plus que jamais dans le doute. 
C'est là, tout à l'heure, à 11h39 exactement, qu'il m'envoya un sms. Oui, lui. Je n'étais pas le seul à penser à l'autre, même si d'apparence il m'écrivit à propos d'une connerie :



Il est maintenant 14h48 et je n'ai pas répondu à son sms.

Pour l'heure je me repasse juste le film à l'envers. L'odeur, le sexe, les discussions, les silences, les regards. Je repasse aussi nos textos (813 en quelques semaines), les siens surtout :




Je ne sais pas encore comment je vais répondre à son message de 11h39
Mais je sais à présent que, bien évidemment, je vais y répondre.





jeudi 16 mai 2013

Perdre le sommeil et l'appétit,

ainsi que toute libido ça faisait des années que ça ne m'étais pas arrivé. Je voulais vivre un truc pour me distraire et bien c'est réussi.

Nicklas m'a appelé sur mon portable quelques heures après qu'il soit parti de chez moi, manifestement de retour sur Paris.

Il était au parking du marché St Honoré, près de la place Vendôme. Il voulait récupérer sa voiture mais avait oublié son portefeuille chez lui, à trente kilomètres de Paris. Il m'appelait donc pour que je le rejoigne afin de payer son parking et le libérer. J'arrête le travail que j'étais en train de faire, prend le métro jusqu'aux Tuileries pour aller lui payer son parking.

Il m'attend là, assis sur sa borne en ciment, en train de pianoter sur son clavier. Magnifique, comme d'habitude. Quand je l'ai vu c'est comme si je sentais déjà son odeur. Il glisse son ticket dans l'automate : 3,70€. Je fouille dans mon portefeuille, il glisse une main dans sa poche, et lâche :

"- Ah laisse! je les ai!"

Le mec m'a fait traverser tout Paris pour rien. Il avait sur lui la thune pour libérer sa voiture. Il relève à peine, me dit qu'à présent qu'il est là autant passer la soirée ensemble.

Mais il se trouve que j'ai pas que ça à foutre coco, j'ai du boulot en retard et le dîner pro de ce soir à préparer.

"- Bon, je peux au moins te ramener"

Pendant le trajet en métro pour le rejoindre, j'avoue que l'idée m'avait traversé l'esprit : Est-ce qu'au moins il ne serait pas revenu à Paris pour se faire un plan, et osé m'appeler pour le sortir de la merde que sa libido lui avait occasionné ? Immédiatement je m'en suis voulu d'y avoir penser. Il n'aurait pas osé m'appeler pour le raccompagner après son plan cul, moi en qui il place tant d'espoir, et accessoirement d'attachement, et j'espère de respect.

Bingo ! C'est en montant dans la voiture qu'il répondit, peneau, à ma question, en reconnaissant qu'il était revenu sur Paris se taper un mec.
Et je me suis vu, là, sur le siège passager, la ceinture de sécurité à la main, venu payer le parking de Nicklas pour le consoler de son plan cul raté.

La discussion qui nous avait occupée toute la soirée n'avait servie à rien. Pour lui couple libre ne veut pas dire préserver l'autre. Je m'étais simplement trompé.

L'explication a duré une dizaine de secondes seulement, moi atterré.

"- Donc c'est ça ? Tu m'as appelé pour ça ?
- Oui mais j'avais pas le choix...
- Mais si, tu avais tous les autres choix que de me demander de faire ça.
- Mais c'est pas grave, de toute façon je me le suis pas tapé, et du coup j'ai du passer pour un mytho
(silence)
- Je crois que je fais sortir là"

Et j'ai claqué la porte. J'ai juste entendu mon nom précédé d'un "non!" qui m'appelait depuis l'habitacle. 
Dans la soàirée il m'a appelé sans que je puisse répondre.



On ne s'est pas rappelé.

Dans l'ascenseur qui me remontait à la surface, juste après la rupture, j'ai brièvement pensé à Anne Sinclair, cette femme qui se plaisait dans son couple libre, avait une vie organisée autour de ça, et a quitté son mari lorsqu'elle s'est sentie humiliée publiquement.

Ça aurait pu être très cool. Il y avait une belle connexion, et nous étions exactement sur la même longueur d'ondes lors de nos longues discussions. On avait le même humour et écoutions en boucle les mêmes musiques improbables. Au pieu c'était l'idéal, complet, joueur, dans tous les sens, sans arrêt. Il y avait un lien évident, dès notre première rencontre. On était proches sans même se connaître.

Alors sans appétit, sans sommeil ni plus rien, je me tue au sport et au travail.  Comme il y a quelques années lorsque Lubin m'avait quitté. Ça avait duré deux mois, mais j'étais amoureux. Alors que là, j'ai juste voulu le posséder.

Je ne me souvenais plus pourquoi je tenais tant à mon indépendance, et bien ça y est je m'en souviens.





mercredi 15 mai 2013

Ah tu croyais être à l'abri,

tu croyais avoir à peu près tout vu, et que souffrir c'était plus pour toi.
Tu le trouves mignon ce petit mec hyper chaud que la fidélité fait autant marrer que toi, tu pensais que ça serait une jolie amourette de printemps que tu prendrais avec détachement et que plus rien ne t'atteindrait, toi qui en as vu tant défiler, des amourettes et des mecs mignons.

Et bien voilà, il se trouve que ce mec est vraiment hyper mignon et hyper chaud et que c'est ça le problème. Avec ses années de moins, te crache à la gueule sans même rien dire, sans même rien faire, vos quelques années de différence. Et tu te rends compte là qu'après tout ce que tu as vécu tu n'as toujours pas confiance en toi.

Tu t'es dit hier soir "-Tiens, je vais l'amener au Spyce, ça risque d'être cool. Et instructif" (parce que bon, t'es quand même pas dupe des mecs), et comme un con quelques heures auparavant tu postes ça sur ton mur :




Et là évidemment, quelques minutes à peine après être arrivés dans le bar tu as tous tes potes qui ne t'ont jamais connu accompagné qui débarquent pour voir quelle gueule il a. Et évidemment il y a la plus salope de toutes qui t'avait envoyé un message privé, l'air de rien :



Et là devant tes yeux la plus salope de tes potes rencontre la plus salopes de tes amourettes. Il ne se passe rien, mais tu sais que ça peut se passer. Que ça va sûrement se passer. L'un est carrément le genre de l'autre. T'es pareil qu'eux pourtant. C'est con, très con mais tu souffres. 

Tu rentres avec le mec, t'en parles pendant des heures, tu fais le maximum pour trouver un terrain d'entente, de définir le cadre d'une relation libre, ses limites aussi, et t'as quand même l'impression de perdre ton temps.
En même temps le mec t'explique tout, il joue franc-jeu, il dit tout pour "exorciser" dit-il. Il est clair, le mec. Pas comme toi il y a quelques années, qui aurait chopé le numéro du mec discrètement pour te le taper en douce dans les jours qui suivent.

Ce mec est plus beau, plus jeune, plus chaud que toi, et tu ne sais pas combien de temps tu pourras supporter cet injuste état de fait.

Et tu te souviens comme c'était bien, il y a encore quelques jours, quand on te disait "- Les mecs à Paris c'est vraiment toutes des putes, incapables d'êtres en couple", et que tu ricanais. 






dimanche 12 mai 2013

ça tchatait

un peu hier après-midi. Il était prévu que je voie Niklas mais habitant en banlieue, il voulait pas se déplacer pour quelques heures. J'ai une soirée ce soir et on aurait été ensemble que quelques heures.

Du coup j'étais chaud mais j'avais pas envie de rencontrer un inconnu avec lequel ça aurait forcément moins bien matché que le début de complicité sulfureuse que je vis avec Niklas.

Bref. Je me mets sur ce tchat gay, où il y a encore un "général". Vous savez ce salon commun où tout le monde parle à bâton rompu et intervient n'importe quand. J'adore, ça part souvent dans tous les sens.

Là il y avait pseudo "his", un jeune mec super bien monté du sud de la France, énorme éjaculateur d'après les vidéos postées sur xtube, accessoirement habitué du tchat. Jusqu'à maintenant il avait pas l'air très intéressé par moi malgré les quelques compliments que je lui avais lancés par çi par là.

J'ai un peu laissé tomber l'affaire.

On discutait tous des mecs efféminés et chacun donnait son point de vue. J'expliquais pourquoi j'aimais ce mélange de délicatesse et de virilité cachée et prenait pour exemple le mec de la veille qui était venu de Nantes exprès pour baiser avec moi (quel honneur!).

"his" désapprouvait avec la plus grande énergie et traitait ces pauvres mecs efféminés avec un mépris et même une haine qu'on retrouve malheureusement chez beaucoup de gays fans de virilité et de phrases bien connes comme :

"- j'aime les hommes qui ressemblent à des hommes quoi".

Ça partait doucement en live. Quelqu'un fit une comparaison hasardeuse avec les cockrings et j'enchaînais en crachant tout le mal que j'en pensais. Le cockring étant pour moi un simple artifice p
athétique pour impuissants pour faire croire qu'on arrive à bander dur et qu'on a une grosse bite alors qu'en fait non. Un outil au secours de ceux qui ont des problèmes d’érection quoi.

"his" commençait à s'énerver et entreprit de faire de la morale :

his> mais qui me parlait d’intolérance tout a l heure ?

his> je suis pas le seul on dirait
Ça discute encore, j'argumente, me radicalise, et le renvoie dans ses filets. Il craque :

his> Quentin, je t'emmerde

Quentin> haaaaan !

his> avec le sourire �

amic> hahaha

Quentin> la mauvaise !

Quentin> ça y est elle est toute énervée

amic> ahaha la mauvaise ça lui va bien

Là ça part carrément en sucette, Je suis vraiment un gamin des fois. Je le féminise, lui le bi viril, et je prends un malin plaisir à l'imaginer s'énerver pour de vrai derrière son clavier pour des broutilles virtuelles :
his> c moi qui insulte et qui suis mauvais grosse pute

his> c facile derriere le pc c tjs pareil

Quentin> non pas mauvaise grosse pute, on a dit mauvaise seulement
his> ca ouvre sa bouche de tasspé

his> mais devant ça fait rien
Nous, on en rajoute et on s'éclate doucement :
amic> je sais pas vous mais moi je passe un TRES BON moment

Quentin> ah là je crois qu'on est tombé sur un sacré cas soc' les gars
Comme je ne perds jamais le nord, j'essaie de quand même lui rappeler pourquoi j’accepte encore de perdre mon temps avec ces conneries, et de revenir sur le sujet principal qui justifie notre intérêt pour lui :
Quentin> heureusement que t'as la grosse bite qui te sauve parce que sinon on t'enverrait aux Anges de la Téléréalité toi

his> j'ai pas une grosse bite 

ctrop> combien

Quentin> bah quand même si, profite du compliment bordel, y'en aura pas d'autre

his> c'st pas un compliment j'attache pas d'importance à ça

Quentin> nous si.

Quentin> alors ta gueule et crache.

amic> AHAH

Le mec qui taclait depuis une demi-heure les mecs efféminés était traité comme la dernière des chiennasses,  c'était ça l'idée. J'avais touché juste. 

A bout d'un moment, acculé, il est venu me parler en salon privé. Dialogue intégral. Jugez-vous même :

his> on peut parler normalement?

Quentin> ça va on s'amuse 

his> ouai mais on peut s'amuser sans sinsulter c tout

Quentin> bah disons que t'as quand même bien ouvert les hostilité avec "j't'emmerde", viens pas te plaindre

his> je me plains pas je viens juste faire la démarche pr te dire d’arrêter les gamineries

Quentin> ok j'arrête

his> c'est qu'un tchat et on a tous des idées différentes mais voila ca merite pas des insultes

his> ok cool

 et c'est là que je tente :
Quentin> j'ai quoi en échange ?

Quentin> ^

his> mdr

his> moi en sac à main

Quentin> ah pas mal !

his> c'est un enorme cadeau crois moi

his> mais bon ca fera tres travesti donc pas tres excitant

his> ahah

Quentin> ouais mais tu peux faire plus gros je suis sûr

his> bah dis moi

Quentin> bah vu tes vidéos j'veux ma part là, obligé ! lol

his> mdrr

his> tu aimes les faciales ?

his> moi je donne à qui veut bien m'exciter �

Quentin> je kiffe, mais c'est super rare les mecs qui font ça

his> ah rare ceux qui veulent recevoir tu veux dire ?

his> pcq donner y a rien de plus excitant

Quentin> ouais mais surtout en donner, en général les mecs ils anticipent pas quand il jouissent, donc ça attérit toujours n'importe ou c'est chiant

his> serieux

his> ah nn moi si tu me dis des le depart ou tu le veux crois moi tu l auras sur tout le visage

Quentin> la classe !

his> bah c le final faut rien gâcher quoi

his> mais ferme les yeux g niqué un oeil une fois mdr

Quentin> mais j'suis méga partant moi y'a pas de problème ! �

Quentin> ah mince

Quentin> le mec a perdu la vue ? lol

his> mdrr au moins un jour entier oui le plus embetant c quil a trompé son mec ahah

his> t'es d ou

his> je dois bouger

Quentin> Paris, c loin

his> un peu jy bouge svt

Quentin> génial !

his> si tu vaux le coup....

Quentin> mais quand tu veux alors �

Quentin> ah ça je sais pas... juge : http://www.     .citegay.org/

his> pck g tellement de demandes a paris que je fais peu de plan la bas du coup

Quentin> genre "je suis un mec hyper demandé"...

his> je m'exprime mal

his> non mais tu connais MQ....

his> on va dire que si je disais oui à tous pr paris je m'en sortirai pas et la bas jy vais pr ma famille et mes amis sur tout

Quentin> oui je vois

his> bon bah à plus �

Et voilà le travail. Alors que je pensais, avec cette passe d'armes, avoir avec flamboyance et panache explosé toutes mes chances de me le taper un jour, je retourne à ma plus grande surprise la situation. 
Je suis assez dur avec moi même, mais là, moi qui croyais avoir perdu la main, passer des insultes au rencard éjac faciale en moins de trente minutes, je dis l'artiste.



jeudi 9 mai 2013

J'dis plus grand chose

parce que je vis plein de trucs.

J'ai rencontré Niklas par grindr il y a une semaine et demie, peut-être un peu plus. On se voit souvent, tous les deux jours à peu près. Il a vingt sept ans. l'âge idéal.
Il dort avec moi, il m'emmène à l'arrière de son scooter à travers Paris alors que je m’accroche à lui, je vois passer la tour Eiffel qui scintille, la Seine qui déborde.
On baise longtemps, très longtemps. A chaque fois ça dure deux heures et demie. On s'écroule après. Épuisés. Et puis on mange, et puis il repart. Et on s'envoie des sms. 

C'est cool, il fait des plans cul à côté, sait qu'il ne peut pas être fidèle. 
Pareil. 
Je suis pas jaloux. C'est dramatique comme je suis pas jaloux. J'en fais aussi, ça change. Ça durera quelques temps peut-être, on dirait que ni lui ni moi n'avons anvie que ça devienne sérieux. rien n'est nommé. On est juste content d'être ensemble, de se plaire, et de s'inspirer sexuellement.

Il est plutôt passif, comme moi. Mais je ne me suis jamais senti autant actif qu'à son contact. Et lui aussi. Chacun a révélé l'activité de l'autre. On invente des positions improbables qu'on avait jamais essayées auparavant. Il me prend alors que je suis sur le dos les jambes en l'air, et ne s'arrête pas avant que je me sois éjaculé sur le visage.
Il fut un adepte des partouze, il me montre les photos de celles auxquelles il a participé. Il me propose des trucs, me parle de ce jeune arabe qui veut sortir avec lui et qu'il a envoyé bouler parce qu'il était beaucoup trop jeune. Il me demande si ça me plairait qu'on se le tape tous les deux. Au pieu lorsque nos deux sexe sont dans ma main, il lui vient l'idée de faire venir un passif pour en profiter simultanément. Il lui vient plein d'idées, veut qu'on s'exhibe au Key West
Avec tout ça comment pourrais-je m'attacher ? En le voyant dans les mains d'autres garçons.

Peut-être qu'avec légèreté et avec sa bienveillance, son attachement même,  je finirai avec lui de faire tomber les dernières barrières que j'aies avant de pouvoir définitivement me calmer. 

L'amour à plusieurs, à part entre deux portes et à l'improviste, est le dernier continent que je n'ai pas encore "sérieusement" exploré. 
Trop risqué pour le visiter avec quelqu'un qu'on aime, trop complexe pour s'y aventurer avec des inconnus.





dimanche 5 mai 2013

Le sexe m'a sauvé.

C'est la conclusion que je tire lorsque je contemple le chemin parcouru depuis mes premières rencontres, et l'étendue de mes progrès.

Je me revois il y a quelques années, timide, pudique, sans confiance ni estime pour moi-même, refusant de me montrer nu (même à Wilfrid, mon grand amour), estimant que si les autres me regardaient, ça ne pouvait pas être par désir pour ce que j'étais.

Le sexe (comprendre : la séduction autant que la jouissance) m'a libéré de tout ça.
Je dois au sexe d'être celui que je suis aujourd'hui.

C'est pourquoi j'ai tant analysé l'usage que j'en ai fait, me suis interrogé sur telle ou telle technique qui m'a été bénéfique, me suis questionné à ce point sur ce que je pourrais perfectionner, ai tiré des prospectives sur ce qu'il pourrait encore m'apporter.

Là où d'autres s'aident par la réflexion, je me suis sauvé par l'action.
L'outil que j'utilise n'est pas plus farfelu qu'un autre.

Quoi de plus bénéfique pour l'âme que de se sentir désiré ?
Quel travail sur soi-même plus salutaire que celui de se rendre encore plus désiré ?
"On dit parfois que la beauté est toute superficielle. Peut-être. Moins superficielle, en tout cas, que la Pensée." disait Oscar Wilde dans Le Portrait de Dorian Gray.


J'écris pour laisser une trace de tout ça. Non seulement de mes conquêtes qui sont sorties de l’ordinaire (on oublie si facilement) mais de mes flottements, de mes imperfections, de ce que je n'ai pas réussi à gérer.

Je laisse ici une trace de ma jeunesse également; conscient que cette frénésie prendra fatalement fin.
Je me rappellerai alors cette recette salvatrice qui m'a constitué, et tenterai alors d'en transposer les 
ingrédients, ou bien de me réconforter avec ces souvenirs.

J'attendrai la fin et estimerai je l'espère, avec satisfaction, avoir eu ma part.
Plus que ma part.



jeudi 2 mai 2013

C'était un trip "séduction"

malgré moi, alors que j'étais depuis quelques temps fatigué du "one to one" habituel, du plan cul de base : on se capte, on se voit, on se baise. Ça ne m'amuse pas en ce moment, peut-être même que ça ne m'amusera plus jamais. 

Au delà d'un mec vraiment régulier avec lequel partager quelques trucs, aujourd'hui plus que jamais j'ai besoin de jeu, de séduction, de curiosité, de tester des mecs qu'on accosterait pas a priori, en gros de drague plus que de copulation.

J'ai récemment repéré pas loin de chez moi un spot de drague paraît-il très fréquenté : le square de la Croix-Rouge, en bordure du bois de Vincennes, Porte dorée exactement (ligne 8 du métro si vous avez envie de venir jouer). Sans savoir ça fait des mois que je fais mes étirements là bas après avoir couru, sans avoir rien remarqué. Et pour cause : à neuf heures du matin il ne se passe encore rien. En revanche dès que la nuit tombe il paraît que c'est hyper chaud.
A voir à partir du 27 mai, lorsque la foire du Trône (toute proche et mal fréquentée) aura fermé ses portes.

Pour l'heure je suis à Bourgoin, petite ville paumée de l'Isère où je passe la semaine, très occupé par de nombreuses occupations familiales dont je vous épargne la soporifique énumération.

Mais hier soir ô surprise, j'ai eu une fenêtre vers seize heures trente jusqu'à dix neuf heures pour faire ce que je voulais. Beau soleil de fin d'après-midi., après plusieurs jours de pluie. Que faire ? Honnêtement j'étais pas très chaud. J'avais abusé de la masturbation ces dernières quarante huit heures et le sexe ne m'occupait pas particulièrement l'esprit. 
Mais bon : j'ai immédiatement sauté dans la voiture pour me rendre aux virages de Chamagnieu, unique lieu de drague non loin d'ici que j'avais laissés aux derniers beaux jours de l'année dernière. 
On ne se refait pas.

Même cortège de vieux que la dernière fois. Ça me tourne autour, mais je ne regarde personne : rien que porter le regard à 30° du sujet qui approche de moi me fait deviner que je suis venu pour rien : cheveux blancs, embonpoint, physiques de poulet.

Enfoncé un peu dans le chemin de la forêt, je me pose sur un tronc d'arbre mort pour répondre à mes mails. Au moins ce sera fait. 
Après quelques minutes, un mec s'est approché. Adossé contre un arbre il commence à se masturber en me regardant. Je regarde discrètement entre deux frappes. environ vingt huit ans, pas mal foutu mais pas très beau, queue pas top, pointes des cheveux décolorées so "province", habillé d'un pantacourt on ne peut plus plouc et d'un T.shirt blanc aux inscriptions noires style gothique...
Pas de doute : on est bien en Isère.

Je fais genre "je suis pas intéressé, en fait je te calcule même pas" pour qu'il s'éloigne. 
Lui :
"- Tu veux faire un truc ?
- Non désolé 
- Moi j'ai envie
- Ouais mais ça va pas le faire (il continue de se branler)... T'es vachement excité en tout cas..."

Perdu : il s'approche d'un arbre et se branle quasiment au dessus de ma tête. il est à moins d'un mètre de moi. Je continue de tapoter sur mon téléphone mais en fait je tape rien.

"- Tu cherches quoi ? 
- Rien de spécial en fait
- Tu veux pas te faire sucer ?
- Non
- J'ai envie de sucer.
- ...
- Tu me montres ta bite ?
- Là ici ?
- Ouais, j'ai envie de me branler "
(silence)

Ce con avait fini par m'exciter. Mais il me plait vraiment pas, alors que faire ? Répondre ça :

"- ok si ça peut te faire plaisir (et là je continue toujours à tapoter sur mon tel hein..)
- Vas-y
- Bah tu déballes toi-même alors"

Et là je me lève

"- Putain mais tu bandes !
- non mais cherche pas je bande tout le temps"

et il défait ma ceinture, le bouton de mon jean (avec difficulté), et le baisse avec le boxer. Il se rend compte que je suis largement mieux monté que lui. Naïf que je suis, je croyais encore qu'il allait me regarder en se branlant. Non, il me branle direct. 
Je m'étonne rapidement, mais ne lui dis pas d'arrêter. 
Inutile de dire que moins d'une minute plus tard il était en train de me sucer.

Dans ce cas là la chaleur monte grave. Il continue de se branler, je me laisse aller complètement, ne résiste même pas quand il m'embrasse la bouche.
Il éjacule dans l'herbe, se rhabille direct, se casse.

Et voilà encore une fois je me retrouve en chien, et redescends dans le bois avec une trique de bâtard. La température redescend, je me replonge doucement dans mes mails, le soleil commence à flirter avec l'horizon.

Je le revois un quart d'heure plus tard, encore en train de me tourner autour. Je lui demande :

"- Mais t'as encore faim toi ?
- Non je me balade, tranquille

Genre !

Je discute un peu avec lui, demande des infos sur les pics de fréquentation, la moyenne d'âge, les mecs visitant l'autre virage qu'on aperçoit derrière les branchages, tout ça. 

l'autre virage, vu du sous-bois

Après un silence, voyant que j'avais pas vraiment débandé, il me lance :

"- Tu veux que je te suces encore ?"

Et le voilà reparti, cette fois sans beaucoup nous cacher. Un mec viendra même nous mater, juste devant nous, sans rien faire. 

Là ça va mieux, je suis plus en confiance (pourquoi j'ai toujours peur que le mec m'arrache le sexe avec sa mâchoire ?), le vent souffle dans les feuilles,  la lumière est dorée, les voitures passent au loin sans nous voir, un inconnu me regarde, tout en continuant de me sucer le mec décide de mettre une main sur mes fesses et une autre sur mon torse pour le caresser. 

Et là, les couleurs du printemps deviennent d'un coup plus vives, je ferme les yeux comme si j'étais aveuglé par quelquehose, je commence à trembler, les bruits de la nature s’éteignent et je n'entends alors plus que ma respiration, j'éjacule en grandes giclées en rouvrant les yeux. J'entends juste le mec chuchoter :
"- Ouaiiiis" près de mon oreille, et le bruit de mon sperme qui percute les feuillages.

Je rentre obéir à mes obligations familiales, en me disant que quoi qu'on en dise, c'est quand même de grosses sensations que de jouir dans les bras d'un inconnu, aussi peu désiré soit-il.

Je réfléchis encore en conduisant, sur fond du dernier Daft Punk...

Et je me dis que ça c'est tout moi : un mec qui insiste après que je l'ai jeté comme une merde, il a toutes ses chances.