mardi 22 juillet 2014

C'est là où je vois que j'ai peut-être un problème,

en tout cas que je suis un peu différent de la majorité. C'est en ce moment, dans le TGV Nancy-Paris, où je suis de retour d'un déplacement professionnel.




Là où chacun verrait un jeune homme en bermudas qui dort, moi je vois un jeune mec à moitié nu, abandonné à son plaisir, en pleine jouissance.

Il faut dire que ça fait depuis mon 14 juillet orgiaque, que j'ai pas touché un mec, et que ça commence à me travailler...

Et ça ne va pas s'arranger à court terme, je pars ​demain pour dix jours en solitaire pour traverser du sud au nord la Bourgogne à pied.
Outré, Cluny, Château-Chinon, le mont Beuvray... d'autres sensations fortes mais un autre délire.

Ça risque ​fort ​de se masturber sur le bord du chemin...



dimanche 20 juillet 2014

Et puis sinon,

il ne reste que vingt quatre jours avant le retour au Cap d'Agde...




samedi 19 juillet 2014

Une partouze à 197 mecs

je ne savais pas que ça pouvait exister. Et j'étais loin de me douter que ça pouvait ressembler à ça lorsque je suis fait "parrainer" par un pote.

Environ tous les mois depuis environ cinq ans a lieu "cette soirée", me disait-il. Je savais que ça avait lieu dans un immense appart parisien, et que ça déraillait un peu après vingt deux heures, du style "orgie", rien de plus. Règne sur cette soirée une sorte de loi du silence qui interdit à quiconque d'en dévoiler la teneur ni les participants.

Je fut donc parrainé, par un pote dont j'ai déjà parlé ici. Prochaine soirée le 14 juillet 2014, entrée entre 19h30 et 21h00. Proposition par mail. Je dis ok. Le 10 juillet je reçois un mail de confirmation avec toutes les instructions (safe sex obligatoire et drogues interdites), mon pass, les conditions d'annulation, et le dress code.

✦ DRESS CODE
    Maillots de bain Party
    Actif: cho7 sombres
    Passif: cho7 claires
    Recto verso: 1/chq.


Tout ça paraît extrêmement bien organisé, entre habitués, je stresse à mort. Pourtant j'en ai fait des soirées, mais sur celle là est posé un couvercle de mystère qui m'intimide.

Le lundi 14 à dix huit heures je fais tout comme on m'a dit. J'enfile mon maillot de bain sous mon bermudas en jean blanc, je passe un t.shirt récemment acheté chez Russh, et enfile une chaussette blanche, et une autre noire.

J'arrive vers 20h30, pas trop tôt, ni trop tard. Immeuble moderne, j'entre les deux digicodes en même temsp que deux autres mecs : la soirée va être fréquentée...
Et là surprise dans le hall même de l'immeuble : Trois hommes en chemise et veste, un bar à champagne, une guest list. On m'accueille très aimablement et chaleureusement, me donne un carton d'entrée et m'accompagne à l'ascenseur. Là haut, d'autres hôtes, mais en sous-vêtements. Seconde guest list. Remise de la participation, et on me dirige vers le bout d'un long couloir. Derrière la porte close sur ma droite, j'entends des gens parler et de la musique.
Vestiaire. Je mets tout mes affaires excepté mon maillot de bain et mes chaussettes dans un grand sac plastique et le confie en échange d'un numéro.

Entrée dans l'appart, enfin. Tout l'étage avec terrasses de chaque côté, vue sur Paris comprises, celles avec vis-à-vis étant surmontées de hauts panneaux occultants, et une demi-douzaine de chambres, sur le lit desquelles un panneau est posé : "Contrôle hygiène ok". Le sens de circulation dans l'appart est régulé, certaines portes sont condamnées, la terrasse où sont entreposés les sacs du vestiaire n'est pas accessible. Hypêr carré.

Dans la pièce principale : Des tables entières de petits fours et préparations de traiteur, des garçons pour les servir, des boissons de partout. Champagne, Malibu, vodka... Des sceaux remplis de préservatifs et de gel. A volume élevé mais largement supportable, une programmation musicale éclectique et moderne.
Des matelas empilés dans les coins des pièces et des terrasses. Trois toilettes qui ne ferment pas à clé. Et environ cent cinquante mecs (une cinquantaine d'autres arriveront après moi) dans la même tenue : sous vêtements-chausettes. D'avantage d'actifs, si j'en crois le nombre de chaussettes noires. Tous les physiques sont présents, pas de très moches ou d'obèses. On sent qu'il y a eu une sélection. Une dizaine de Noirs, quelques métisses, pas de maghrébins (ou je ne me souviens pas d'eux, ce qui est possible).
Je reconnais des connaissances, des potes de soirées. Je leur parle, ce sont des habitués mais jamais ils ne m'ont parlé de cette soirée. L'omerta règne.
Ça discute, mate, boit, circule beaucoup, ça roule gentiment des gadins à l'entrée de la chambre du fond.

Vingt deux heures. Le maître des lieux passe dans chaque pièce avec un mégaphone pour souhaiter la bienvenue aux personnes présentes, et annonce le feu d'artifice de la tour Eiffel qu'on pourra aisément voir à vingt trois heures depuis la terrasse dominant la ville.

Et là c'est parti. Des co-organisateurs disposent les matelas partout sur le sol. Salon, terrasses, tout est transformé en lupanar. Dans le couloir les mecs se frôlent, ça circule de partout. Tension pas vraiment palpable, ça va se mettre à baiser le plus naturellement du monde. 


Bientôt les chambres sont remplies. Sur dix mètres carrés une cinquantaine de mec s'entassent et baisent ensemble. Dans cette marée humaine parfois un coude dépasse quelques secondes, une tête bascule en arrière, le reste ressemble à un amas informe de chair.
Moi je reste à l'écart, n'arrive pas du tout à me sentir à l'aise et encore moins excité à la vue de cette boucherie. Un des mecs les plus beaux, pourtant, vient à ma plus grande surprise se frotter contre moi sur la terrasse. Il sort sa langue, me tourne le dos, baisse son maillot de bain et frotte ses fesses sur mon sexe. rien. Je ne banderai pas. Blocage total. 
De plus en plus je ressens le besoin d'un minimum d'approche, de séduction. Là c'était du tout cuit. Il suffit d'avancer un pas dans une chambre ou de baisser son maillot pour être déjà en plein coït. Sitôt que l'on quitte la terrasse ou le salon pour entrer dans une chambre, on quitte le concept léger de cette soirée pour entrer dans une backroom, ni plus ni moins. C'est un peu dommage.

Environ trente pour cent des mecs pourtant ne font rien de tout ça, discutent au bar ou sur la terrasse, s'intéressent à peine aux bombasses qui les entourent, et picorent leurs canapés en discutant. D'autres matent, seulement, et n'entreprennent rien.

Un moment toutefois, avec un beau garçon qui a su s'y faire. Nous étions environ quatre vingts sur la terrasse pour le lancement du feu d'artifice de la tour Eiffel. A ma gauche sa main frôle de temps en temps la mienne. Rien de plus. Je check du coin de l’œil mais il ne me regarde pas. Sa main frotte, de plus en plus souvent. Ça m'excite à mort, érection maximale. Ça se passera là, on se regardera et nous nous embrasserons longuement, aux lueurs colorées du feu d'artifice. L'un contre l'autre, la bombasse à qui j'avais faussé compagnie quelques minutes plus tôt s'approchera et me lancera 
"- Ah ok, je vois..."

Synchronisation de nos ébats avec les explosions des feux de Bengale et de la musique de College & Electric Youth ("A Real Hero", évidemment) qui passe à ce moment là. Je l’emmène sur un matelas du salon pour le prendre assez vener, en plein milieu du passage. Les mecs passent, nous enjambent, sans commentaire aucun. C'est sans doute un des seuls endroits dans ce pays ou on peut sodomiser un mec alors que tous les inconnus autour vaguent à leurs occupations comme si de rein n'était.


Ça pourrait être génial comme soirée. Le sexe est dédramatisé, tout est réuni pour que ça cartonne et que je me lâche... et pourtant tout cela reste très parisien. Beaucoup s'évitent du regard, quelques stars rôdent et font que, même dévêtus, personne n'est l'égal de personne. Toujours ce petit relent de compétition et de mépris tout parisien que je déteste. On est loin de l'atmosphère de dépravation joyeuse et festive du Club Church d'Amsterdam, découvert voici un an et demi.

Cela n'est pas du aux hôtes, qui font le maximum pour que la convivialité, sécurité et harmonie règnent. Lorsque je suis sorti et que j'ai pensé aux deux organisateurs, je me suis dit que je n'avais pas à faire à des accrocs au cul, mais à des passionnés de l'organisation. Pas une seule fois dans la soirée je ne les ai vu toucher un mec, mais seulement prendre sagement soin de leurs invités.

Je ne pense pas y retourner.
Ou plutôt si, une fois. Car je fantasme depuis quelques semaines sur une vidéo porno "My friend Daddy" où un daddy assis sur un fauteuil empale un jeune mec qui s'assoit sur lui. 



Peut-être choper un mec assis trankilou dans un coin du salon et lui faire ça, là. La prochaine fois, pourquoi pas...





lundi 14 juillet 2014

Et encore une fois, le fantasme

le plus puissant n'est pas celui qu'on a prémédité.

J'étais bien excité cette première nuit à Gallipoli, en Italie du sud. Dans l'appartement que Cyprien nous avait réservé j'étais dans le même lit que ce jeune aristocrate que je décrivais comme "jeunesse UMP", et même pas qu'une fois
Impossible de dormir. Non pas à cause de l'UMP (y'a pas de quoi non plus en faire des insomnies), non pas que la nuit brûlante des Pouilles troublait mon sommeil, mais j'étais encore sous l'excitation de la soirée précédente en extérieur à Polignano a Mare, où trois Italiens m'avaient attiré sur les hauteurs de la piste de danse, derrière la piscine, pour quasiment me violer... et me voler sans que je m'en aperçoive, au passage, mon téléphone portable.

Visiblement ça ne m'avait pas calmé, et à côté de mon pote, je bandais dur dans mon boxer. Et quand c'est comme ça on ne fait rien particulièrement pour être discret, en tout cas pas moi. Parfois sur le dos en laissant le drap recouvrir la protubérance, parfois sur le côté sans forcément le drap pour cacher le sous-vêtement. 

il se trouve que notre jeunesse UMP ne dort pas plus que moi, car je perçois dans sa respiration moins lente que celle du sommeil, ses retournements successifs chaque fois que je bouge, ainsi que ses yeux qui s'ouvrent et se ferment brièvement sur moi de temps en temps.

Les minutes ont passé, loin de me calmer ce petit jeu m'a encore durcit, et je n'en peux plus de me contorsionner. Je profite d'un retournement de son corps vers moi pour accrocher son regard. Je soupire, et me plains :

"- pffff...
 - ...
 - J'arrive vraiment pas à dormir
 - Ah non ?
 - Vraiment pas, j'arrête pas de bander
 - (rires) Sérieux ?!
 - Ouais ça fait des heures que j'ai le gourdin je sais pas ce que j'ai...
 - ...
 - Je vais me branler j'crois, j'en peux plus, ca va me calmer
 - Ah oui ? Vraiment, tu vas le faire ?
 - Oui vraiment, tu veux que j'aille à la salle de bain ou je peux rester ici ?
 - Bah... non non reste ici il n'y a pas de problème."


J'ai alors viré le drap d'une main, et ai baisé mon boxer jusqu'à la moitié de mes cuisses. J'étais évidemment hyper raide et il y aurait pu avoir d'autres personnes dans la pièce ça n'aurait rien changé. Il fallait que je me soulage.

Evidemment ça n'a pas pris cinq minutes avant que mon compère n'avance une main, et que tout ça finisse en corps à corps.
Et c'est peut-être dommage finalement. C'est un peu comme quand on regarde un porno avec un mec et que sitôt la masturbation commencée par l'un des deux, l'autre veuille s'en mêler. 

J'aurais préféré qu'il me regarde me masturber, m'abandonner totalement, et jouir sur moi sans rien faire. 

Là le fantasme aurait été achevé.





vendredi 11 juillet 2014

Il répétait "Un bel ragazzo",

il l'a dit trois, ou quatre fois. On marchait côte à côte en direction de la plage et Carmine, me regardant, re-disait une autre fois "Un bel ragazzo", "un beau garçon".

Pourtant à côté de lui je me sentais commun, avec ma vulgarité de français, sans élégance et sans finesse, sans port. Lui avait ses grands yeux noirs, sa barbe naissante sur son menton triangulaire, son sourire inamovible sous ses mèches blondes, le naturel et l'allant qu'ont les Italiens du sud lorsqu'ils sont en ville. Lui venait de Barletta, un peu plus à l'est.

Avenants, pas stars. L'élégance sans l'arrogance, c'est ça les Italiens que j'ai rencontrés cette semaine dans le sud. Régions pauvres, ils ne portent pas de marques mais ont la classe, choisissent bien leurs chemises H&M, soigent leur coiffure, taille leur barbe. Ça ne leur coûte rien mais ça claque.

Nous nous étions rencontrés sur le parking de la soirée "Nautilus disco", à Bari, dans les Pouilles. La soirée s'était terminée et, seuls français présents ce soir là, nous nous apprêtions à nous laisser embarquer par un groupe de gays Italiens pour un petit déjeuner en bordure de mer.

Carmine était monté avec nous dans la caisse, et nous guidait. Peu avant, il me disait à moitié en Italien que j'étais le plus beau des quatre.
Auparavant je ne l'aurais pas cru, j'aurais pris ça pour de la politesse ou mieux, j'aurais fait abstraction, comme si je n'avais pas voulu l'entendre. Mais depuis j'ai appris, et j'ai compris depuis un moment déjà que même les garçons les plus beaux pouvaient ne pas être attirés par les gravures de mode.

C'est toujours ça, on se dit qu'on vieillit, qu'on fatigue, qu'on a fait le tour... Et ça recommence, encore et encore. Jusqu'à la mort on est jamais à l'abri d'un garçon émerveillé qui surgit, et vous dévore au recoin d'une rue.

C'est vers cinq heures du matin que Carmine, assis à côté de moi dans cette trattoria posée au bord de la route, m'a demandé de l'embrasser. Il m'a attiré de l'autre côté de la rue, faussant compagnie à la vingtaine de gays présents et à Cyprien qui avait pris un nouveau minet sur ses genoux. Nous descendions la rue qui mène à la mer, alors abrités des regards ("Ici l'homosexualité c'est mal vu"), en me disant "Un bel ragazzo", et nous nous sommes retrouvés au bas de la corniche, là, juste derrière la barrière qui attérit sur les galets. 
Là nous nous sommes embrassés, et éprouvant autant de désir l'un que pour l'autre, je l'ai emmené jusqu'au bout, en même temps que le soleil se levait. Et c'est juste avant le que le premier rayon ne pointe derrière l'horizon de l'Adriatique que, débarrassés de nos vêtements, nous achevions en extase cette courte nuit.

Ce fut une première belle histoire à l'italienne. La première expérience sur la botte étant plus sauvage, et se finissant contre une carrosserie couverte de sable, dans la nuit d'un champ d'oliviers au nord de Palerme. 
J'avais certes auparavant déjà vécu le fantasme de la plage, à Miami Beach. C'est peut-être, avec le recul, l'endroit le plus inattendu et non-prémédité dans lequel j'avais pu coucher avec un ragazzo.

Au retour c'est pareil, on tente pitoyablement de prolonger ce moment et de se faire croire qu'on se reverra vite. Comme pour l'Irlande, on est heureux d'avoir vécu une amourette de vacances, mais on souffre que ça ne reste que ça.




Et à chaque fois aussi, sitôt rentré à Paris je me jette sur Google maps pour retrouver l'endroit exact de mes ébats. Et à chaque fois la même sensation : Celle de découvrir le lieu du tournage d'un film et se rendre compte que la scène qu'on avait vue et ressentie n'était pas complètement un rêve.