mardi 19 août 2014

Mon séjour au Cap allait bientôt s'achever

​tranquillement, beaucoup trop tranquillement. En vérité je pense que je commence à m'ennuyer sexuellement. Depuis ma grosse baisse d'activité sexuelle en janvier je savais qu'il me faudrait du temps pour comprendre. 
Alors que Cyprien ne se lasse pas de cette chasse perpétuelle, moi j'erre dans les dunes en me désintéressant de toutes les créatures qui m'entourent,  à de très rares exceptions près. Je suis devenu difficile. Évitant les jeunes, les vieux, les moches, les trop beaux, cherchant les peaux saines et les visages longs. Il faut dire que j'ai pas eu de bol ces derniers jours, ne tombant que sur des éjaculateurs précoces passablement à mon goût.

Comme ce jeune rebeu en vacances à Marseillan. Il m'a contacté via grindr, vient de Marseille et s'ennuie ici avec ses parents. Négociations pour avoir des photos où on le voit clairement. Discrétion maximum. Il a fallu trouver un endroit, ce fut les dunes. Je le rencontrais au panneau de séparation entre Marseillan et la plage naturiste du Cap.  Hors de question pour lui de se mettre nu. Ce petit racaillou avec le pack accent + phrasé + casquette hallucine lorsque je lui décris ce qui se passe sous ces amas de chair qu'on voit au loin sur la plage échangiste.
Il m'avait prévenu être très chaud,  ne pas avoir baisé ni s'être branlé depuis bientôt une semaine. Il est actif et a un besoin pressant de pénétrer un mec.

Il embrasse pas, évidemment. Il suce pas non plus. De toutes façons même s'il avait voulu il n' aurait pas eu le temps. Deux minutes après avoir commencé du soft il jouissait à très puissantes giclées sur les arbustes alentours.
Frustration maximale décidément.

Moi qui n'est jamais aussi heureux qu'avec un amour de vacances, j'ai dû m'en passer cette année. Quoi de plus puissant que de vivre à fond cet amour éphémère, de savoir que ça ne durera pas plus de quelques jours, et d'avoir quand même de la peine à la fin. La peine qui suit l'amour de vacances, c'est encore l'amour de vacances. L'année dernière ce fut Julien, l'année d'avant Xavier. Alors que cette année je devais être spectateur de l'idylle entre Quentin et Ali...
Misère.

Cet amourette ça aurait pu être, ça aurait dû être Jérémy, s'il n'avait pas passé cinq jours à m'allumer avant de partir dimanche après midi sans même m'avoir dit au revoir.

Je m'apprête donc à quitter le Cap d'Agde globalement frustré, ce qui est un comble. L'année prochaine j'essaierai de prendre les choses différemment, de choisir le moment propice pour ne pas tomber dans le bungalow qu'avec des inconnus, quoique... Je peux bien tomber, comme l'année dernière. Je viendrai moins longtemps aussi, peut-être. Les basses températures des soirées empêchaient de surcroît mes habituelles nuits blanches aventureuses sur la plage.

En journée rien n'est vraiment distrayant si on a pas envie d'aller draguer. Au mieux peut-on rester à discuter et dragouiller avec nos voisins de serviette, ou bien contempler le corps et le fessier de Quentin, allongé devant nous.





Sur la plage j'avais retrouvé Winnie Lope quasiment en string, qui me demandait :
"- Tu as vu les deux mecs de Toulon ? Tu sais s'ils sont déjà arrivés ?
- Comment ça les deux mecs de Toulon ? Ça ne me dit rien...
- Mais si, ceux qui te mettent des gifles en boîte, Serge et Jérôme. 
- Ah ! Les Toulousains tu veux dire !
- Bah oui les Toulousains, les habitants de Toulon quoi..."

Voilà. Précisons que Winnie est originaire de Toulon.

Et qu'il n'est décidément pas une flèche.

J'insistais peu pour qu'on s'isole dans le bungalow, mais quand même. J'étais chaud :
"- ouais mais je suis avec mon pote, on se voit ce soir de toute façon... "

Ça c'était avant de le voir dans la backroom du Pharaon penché en avant en train de sucer une bite tout en se faisant bouffer le cul par un autre mec.

Voilà une tripotée d'infos qui répond à l'incertitude de dimanche.








dimanche 17 août 2014

Toutes ces conneries de naturisme

au Cap d'Agde qu'on vienne pas me dire que c'est une proximité totale avec la nature.. Je me sens plus proche de la nature seul et habillé dans une forêt de Bourgogne qu'à poil au milieu de cinq mille personne en train de se branler sur la baie des cochons.

À part ça Jérémy faisait plus ou moins le mort. Je décidais de le relancer à coups de grandes perches par texto mais ça fonctionnait pas.



Toujours accompagné de son copain, il paraissait plus enchaîné qu'amoureux. D'autant plus qu'il débarqua au Look le soir avec un collier de cuir surmonté d'une vintaine de pointes en argent. Sur son long visage et son menton en pointe lui aussi, il était tout simplement magnifique. Je savais que c'était foutu. Je ne l'aurai pas.

Cyprien et Ali, eux, avaient été invités la veille par la celebrissime Madame K, connue pour posséder à l'intérieur même du village naturiste une grande propriété avec piscine, au sous-sol de laquelle elle enchaîne pendant toutes ses vacances à leur lit deux pédés soumis qu'elle appelle "ses chiens" . Vêtus de combinaisons en latex et de ceintures de chasteté, ils n'ont pas le droit de baiser ni de bander sans la permission de leur maîtresse.

C'est au retour de Cyprien et Ali en fin d'après-midi qu'on découvrit les images de cette orgie très privée à laquelle nos deux potes avaient été conviés. Dans un trip de soumission extrême, l'un des deux était entièrement emballé des pieds au menton d'un bandeau de vinyl noir hyper serré, alors qu'il avait les jambes et les bras pliés à l'intérieur. La respiration entravée par un masque à gaz, il était posé là au bord de la piscine, reposant uniquement sur ses genoux et ses coudes. Hyper hard. Madame K, fière de son chien, exhibait sur son corps ses nombreux hématomes causés par la robe en véritables fils barbelés qu'elle portait quelquefois.

Sur les photos, on découvrait notre pote Ali dans le jaccuzi, les yeux absents, en grain de lécher la bite de l'autre chien à travers sa ceinture de chasteté grillagée.

Nous on avait traîné à la plage, comme d'hab. J'avais retrouvé mes Toulousains à gifles qui me présentaient Winnie Lope, un rebeu hyper fin qui fêtera ses vingt deux ans le lendemain dimanche. Hyper efféminé, il était la caricature de la tapillole qui dandine du cul en levant le menton.

Toujours un peu fasciné par ses créatures, j’enquêtais autour de moi pour en savoir plus. Cyprien me disait que Winnie venait souvent au Pharaon (Comme Serge Gainsbourg autrefois paraît-il) et traînait essentiellement dans la backroom la nuit durant.  Qu'il s'appelait en fait Cédric et qu'il ne faisait jamais rien avec personne. Il avait même toujours éconduit Cyprien et sa grosse bite,  qui avait-bien évidemment- tenté sa chance.
Je recoupais auprès d'un des Toulousains. C'était vrai. Aussi salope qu'il se montre, Winnie joue beaucoup et simule des actes sexuels sur la piste, mais personne ne l'a jamais vu faire quoi que ce soit avec un mec. Très intriguant.

Hier soir je me retrouvais donc à un moment avec lui et les Toulousains dans les alcôves de la backroom. Ca déconne, se charrie, me gifle gentillement, Winnie se fait fesser légèrement, se fait prendre les joues avec les doigts, il joue à la chienne mais je remarque qu'il coupe court assez vite à tout réel contact. Tout le monde est brusque avec lui, croyant contenter le soumis qu'il prétend être.

Il s'était approché et avait avancé la main pour vérifier si les gifles qu'on m'administrait faisaient bien autant d'effet qu'on le disait. Il devait bien admettre que oui. Un des Toulousains lui appuyait sur la tête pour qu'il entreprenne de me sucer. Il refusa dans un éclat de rire, évidemment.
Proche de moi, j'ai posé silencieusement ma main sur sa nuque et ai approché mes lèvres des siennes. Ses yeux posés sur ma bouche, je me mis à l'embrasser avec une telle douceur qu'on aurait pu croire que j'eu peur de le casser.
Caresse toute aussi douce sur son bras. Il coupa court, mais pour me dire à l'oreille, lui qui criait tout le temps :

"- Ici c'est pas terrible, on peut se voir ailleurs dans un endroit plus calme, demain ?... Tu cherches juste du cul ou du sérieux ? "

Cyprien nous vit en passant et choqué de nous voir ainsi enlacés, en deux phrases essaya de casser mon coup. Du genre :

"- Ah bah deux passifs ensemble il risque pas de se passer grand chose..."

Avant de me dire que Winnie lui avait fait également entrevoir des choses pour finalement le faire tourner en bourrique.

Je finissais la nuit sur une certitude et une incertitude.

1 : malgré les années et ses milliers de mecs baisés, Cyprien est toujours un ado frustré qui n'a pas rattrapé son temps perdu, et ne peut admettre qu'on puisse lui préférer un autre garçon.

2 : Qui est vraiment Winnie Lope ?

Réponse demain.




samedi 16 août 2014

Ce matin j'ouvrais les yeux avec son visage

en face du miens, posé sur son oreiller. Le beau Quentin était venu me rejoindre dans mon lit en cours de nuit suite au départ de Serguei. Auparavant le pauvre dormais à même le sol, manque de place oblige.
J'allumais discrètement mon téléphone et prenais son doux visage en photo. Ses lèvres tendues vers moi, ces cils interminables, ses cheveux en bataille, sa peau lisse et bronzée. Je ne le regardais pas, je le contemplais. Comment parvenir à se rendormir, comment ne pas fondre ?

Je l'avais frôlé, plus ou moins volontairement, avec mon genou et il prenait mon mollet pour le coller contre ses jambes.
Ça n'est pas allé plus loin, Quentin se montre toujours très proche de moi, me regarde beaucoup, m'embrassait vigoureusement et me doigtait lorsque nous partouzions avec Serguei et Ali, mais ne désirait pas vraiment coucher avec moi.
Et ce n'était pas si grave, Je savais que j'avais de l'importance pour lui,  et je supportais étrangement assez bien l'idée de ne pas l'avoir pour moi seul.

Jérémy lui, souffrait le froid et le chaud, avait couru après moi sur le chemin de la plage pour faire le trajet ensemble. Il me fixait des yeux à vingt mètres de distance lorsqu'un garçon me prenait innocemment dans ses bras ou me massait allongé sur ma serviette, mais pourtant ne répondait pas à certains de mes sms lui proposant de venir passer faire un coucou dans le bungalow alors déserté par mes potes. Mystère...
Il repart demain dimanche en Bourgogne.

Sur la plage je retrouvais les Toulousains de la veille et dès les bonjours passés me remettaient des giffles, comme au Pharaon. À jeun et en pleine après midi, elles avaient beaucoup moins d'effet sur moi et je leur intimais l'ordre de cesser immédiatement !

Sous le regard lointain de Jérémy, je restais à deconner avec eux jusqu'à vingt heures, sans même aller voir derrière dans les dunes ce qui traînait. Plus que jamais, les sifflets et les injonctions fusaient envers ceux qui traînaient sur la plage habillés, un short ayant même terminé déchiré par un petit groupe de nudistes vindicatifs.

Et puis comment avoir l'esprit totalement libre, tranquille, une libido florissante, lorsque se termine épistolairement et dans la douleur l'histoire avec Jérôme, qui avait débutée voilà neuf mois. Ce garçon de vingt sept ans fréquenté au début de l'hiver dernier et dont j'avais abondamment parlé ici s'était énamouré de moi sans que ce soit réciproque.

Il avait néanmoins tenu à me revoir amicalement. Ainsi nous allions au cinéma, et avions passé deux jours à Naples au mois de juillet. Je le sentais brûler de temps en temps en me regardant, et avais reçu une carte postale plutôt démonstrative à mon retour d'Italie.

Ce n'était rien à côté de l'interminable pavé-sms que j'ai reçu là, envoyé vers quatre heures du matin :

"Je suis désolé, cette fois-ci c'est pas une blague, tu me manques trop, je pleure trop devant la lune, j'en peux plus, je vais tout t'écrire. Reste mon ami, je t'en prie, j'en ai trop besoin, mais il faut que je te le dise. Je t'aime,-Quentin- et je ne peux pas lutter contre ça. J'ai essayé, tu sais, de me raisonner. Mais je peux pas. Je suis dingue de toi, je m'en veux pour tout, je m'en veux déjà de dire tout ça, mais je peux pas le taire. T'es trop bien pour ça. Alors je te l'écrirai même si tu t'en fous. Même si je dois te perdre. Tant pis, je t'aime trop. Ça ne se fait pas mais je le ferai. Je peux plus rien, tu vois, je peux pas. J'ai mal tout le temps. Je suis un gros con de le taire. Tu en feras ce que tu voudras, mais je vais t'écrire. Pour dormir, pour vivre, pour que tu saches tout. Je te jure qu'il m'en coûte, je fonds, là.
Mais je peux plus. Tu me manques tout le temps. Je voudrais te préserver, mais je coule en permanence. Je peux pas me taire. Je peux plus rien. Je t'aime, c'est tout, c'est partout. C'est dans tout. C'est toi, c'est ton rire, c'est tes drames, c'est ce  que je ne connais pas de toi et ce que je connais, quand même. Lis-moi, parce que sans ça, je ne tiens pas. Dis-moi au revoir, dis-moi que tu t'en fous, dis-moi quelque chose. J'y arriverai pas sans ça. Mais lis-moi, juste une dernière fois. Je te consternerai, peut-être. Mais ça ne change rien, pour toi. Et c'est tout pour moi. Te le dire, une dernière fois. Alors ça ne mène peut-être à rien mais je vais le faire, je vais t'écrire un putain de pavé comme tu n'en as jamais reçu, parce que je peux pas faire sans, juste pour ça. Dans une belle enveloppe, tout propre. Tu l'ouvriras ou pas. Mais je peux pas faire sans. Je te jure que je m'en veux. Mais rien ne me répond. La lune, c'est une grosse salope. Moi j'arrive pas, je n'ai jamais connu ça. Je vais t'écrire et si tu me lis, si tu ne me lis pas... Je ne veux pas le savoir. J'en peux plus. Je te le dis. Tais-toi. Laisse-moi douter, toujours. De toutes façon voilà ce que je vais t'écrire : que je suis débile, que je t'aime encore, que je t'aime toujours, que c'est plus fort jour après jour. Et tu peux dire quoi ? Que ça n'est pas réciproque? Je m'en fous. Je m'en fous, je t'aime envers et contre tout, contre toi, que ça te plaise ou pas. Mais j'ai besoin que tu restes là. C'est bientôt fini, je t'assure. Ne t'en fais pas, tiens bon, reste là."

Puis deux minutes plus tard :

" Et cette fois-ci, ça n'est pas l'alcool. S'il te plaît, attends de recevoir ma lettre. Ne dis rien avant, j'ai besoin de t'écrire et ce me bloquerait."

 J'ai décidé de lui désobéir, à la fois pour ne pas éterniser ce moment pénible, et aussi dans son intérêt. J'ai voulu faire court, précis. Définitif :
"Bonjour Jérôme, d'abord c'est pas des heures pour écrire, et puis c'est bien gentil les lettres et autres pavés mais on est vraiment plus sur la même longueur d'onde, et je sens qu'une prochaine lettre n'y changera rien. C'est bien dommage, mais bien sur je ne peux t'en vouloir. Je te souhaite vraiment de voir que ça ne mène a rien, et de rencontrer quelqu'un qui t'aime. J'ai été content de te revoir ces quelques derniers mois,  au revoir."

Il m'envoie alors un ultime pavé. Mode plutôt cool et dédramatisant au début, mais grande tristesse juste derrière. Lucide, secrètement désespèré peut être.
Une vraie déclaration d'amour comme on en reçoit rarement dans une vie.
Quelques heures après je verrai des photos de lui sur Facebook, à la montagne où il rêvait depuis longtemps de retourner. Puisse t-il y trouver l'oubli.
Surtout, ne pas répondre :

" Oups... Alors c'est mort pour le banana split et les photos de vacances de Diam's? Tu vois, je t'avais dit qu'il ne fallait pas laisser traîner ^^ Tant pis, ça restera une belle idée ;-) Je me le souhaite aussi, de rencontrer quelqu'un qui m'aime, ne t'en fais pas pour ça. Et je fais tout pour, crois-moi. Je le sais très bien que ça ne mène à rien. Enfin... "Rien" c'est un un peu trop, parce que t'aimer ça reste beau. Tu es loin d'être rien. Quant aux longueurs d'ondes, j'en ai tellement, des ondes... Et toi tout autant. On en a certaines qui correspondent, d'autres moins. Et de toutes façons c'est normal, je reconnais que c'est un peu fou tout ça, complètement fou même, mais je ne peux pas m'excuser de perdre la tête en pensant à toi. Tu n'avais qu'à être un gros connard, et moche. Ça ne serait jamais arrivé. Ma lettre, tu ne seras pas obligé de l'ouvrir, mais - et c'est là la seule chose que je te demande - si tu ne la lis pas, essaie de ne pas me le dire. C'est pour moi, je ne vais pas l'écrire pour qu'elle change quoi que ce soit, c'est juste pour t'avoir tout dit, parce que tu m'as expliqué, une fois, en parlant d'Augustin, que l'amour, même quand il n'était pas réciproque, c'était important qu'il soit "su". 
Moi je voulais juste que tu saches, pendant que c'était encore vrai, c'est tout. Mais au fond, j'aime même quand tu ne m'aimes pas, et ça me plaît comme ça, aussi, nos différences d'ondes. Je ne vais pas te mentir, ton "au revoir", il sonne dur, au moment où je fais tout pour passer à autre chose afin de ne pas perdre ton amitié, mais je comprends : c'est pas la première fois que je dérape, je n'ai que ce que je mérite. Pour ma défense, je crois que ça ne m'aurait pas mis dans tous ces états si j'avais su que j'allais te revoir à l'occasion, mais quand je t'ai laissé à l'aéroport tu m'as écrit pour me parler de novembre. Novembre c'était trop long, même pour un ami. Parce que je crois que tu ne te rends pas compte du bien que ça me fait, tes blagues, tes goûts, tes humeurs. Ça me rend heureux. Instantanément et durablement.
Et puis je viens de perdre Augustin. Je crois que Sébastien est définitivement fâché contre moi parce que j'ai dit que je le trouvais con - en gros. Ça ne justifie rien, mais j'avais encore plus besoin de ton amitié. Juste pour la partie d'ondes qui sont sur les mêmes longueurs. Mais c'est bon, j'encaisse, je comprends que ça t'angoisse tout ça, et peut-être même que ton "au revoir" c'était dans mon intérêt aussi - de ton point de vue. Mais je tiens à dire que tu n'as pas tout compris : les ondes qui ne sont pas sur la même longueur que les tiennes, elles ne sont pas récentes, je les ai tues. Je les ai juste cachées. Mais mes sentiments ont toujours été les mêmes. Et j'ai tout gâché, le peu de temps où j'étais "avec" toi en gardant tout pour moi, en n'essayant pas de me jeter sur l'occasion de faire ce que tu as fait avec tant d'autres.  Et je suis resté là, comme un con, brûlant de désir pour toi, en ayant très bien conscience que tu étais le seul que je désirais, le seul que je n'aurais jamais, alors que, à t'écouter, c'était pas trop dur d'obtenir une petite place dans ton lit, pour la plupart des gens.
Je n'y suis pour rien, moi, si tu m'as plu il y a huit ans, et si tu n'as jamais quitté mon esprit. Je n'y suis pour rien si la seule chose qui compte pour moi c'est ton bonheur. Je ne t'ai jamais rien demandé. Oui, par contre, je déborde, j'envoie des pavés, je suis lourd - mais c'est mon défaut, le reste j'ai l'impression que ça allait quand même, justement parce que je ne demande rien à personne. Après, oui, je t'aime, oui, je pense toujours à toi, oui tu me manques et oui je pourrais descendre toute la mafia du monde pour toi, alors que pourtant je suis contre la violence. C'est normal de vouloir te le dire, je n'ai jamais eu vraiment l'occasion de tout mettre à plat. Et de t'expliquer.
Pour finir, je t'avais parlé d'un truc dont j'avais honte, à Naples, qui expliquait pourquoi je m'acharnais un peu après ceux que j'avais appelé "les putes". La lettre, je l'écrirai pour ça aussi. Parce que ça me soulagera de me dire que, peut-être, tu pourrais ainsi me comprendre un peu mieux. C'était pas des heures pour écrire, mais j'écris tout le temps, je note partout tout ce que j'aimerais pouvoir te dire, justement parce que je ne le dis pas. Il n'y a pas d'heure pour écrire. Pour un sms, je reconnais que la délicatesse exige d'écrire à des heures décentes, mais tu m'as toujours dit qu'un sms ça ne te réveillait pas. Je te prie tout de même de m'excuser, tu as raison, c'était malpoli. Ça ne se fait pas d'aimer comme ça, en pleine nuit ^^
Au revoir, -Quentin- consterné. Tu vas terriblement me manquer, mais tu seras dans tout ce que je ferai. Je n'aurai plus qu'à t'inventer, c'est ce que je fais déjà. Et si ça t'arrange, je ferai semblant de t'oublier. J'ai déjà plusieurs "rendez-vous" de prévus dès mon retour à Paris. Je ne veux pas vraiment, mais je pensais que c'était une bonne idée, j'espérais que je pourrais attendre jusque-là sans craquer, qu'ensuite ça m'ocuperait et que tout serait réglé. Comme ça je ne t'aurais rien dit, il n'y aurait pas eu cette histoire d'ondes et tout serait passé comme une lettre à la poste - expression de circonstance. Il y en a un qui a l'air bien con, et "gentil mais pas trop", je pense qu'il est pour moi. Je fermerai les yeux, et la nuit je penserai à ton rire. Tu ne me le retireras pas. Il est à toi, mais je l'ai attrapé et je ne le laisserai pas partir,  même avec un "au revoir", même avec mes éclats, même avec le mal que j'ai pu te faire, peut-être, je ne sais pas trop...
Bref, tu m'abandonnes un peu, et, une fois encore, ça reste calme, ça reste beau, c'est tout à fait toi. Je comprends que tu n'aies pas envie de supporter ça. Je tiens quand même à te dire que j'ai apprécié tout ce que tu as fait pour moi, je ne me suis jamais senti aussi respecté et bien traité que par toi. Quand il ne restait plus que nos "conversations" je te voyais un peu comme un grand frère, d'ailleurs - je dis bien, "un peu", parce que je sais que c'est pas raisonnable de fantasmer sur la bouche de son frère (j'écris "la bouche", mais tu imagines bien que ça allait plus loin).
C'était gentil, en tout cas. Tu es gentil, avec moi. Je ne dis pas ça dans le sens "la Gertrude est bien gentille, mais qu'est-ce qu'elle est cheum!", j'ai toujours été stupéfait par ta gentillesse, ta douceur, ta bienveillance et ton innocence, parfois, même si tu ne la vois pas.
Même là ça me fait sourire, je ris tout seul parce que je repense aux paquets de bonbons que tu me jetais après les films. À ta façon de parler. T'es fou aussi, en fait.
Ils ont de la chance, tous les autres, parce qu'ils te verront toujours alors que c'est eux, les plus fous : ils ne t'aiment pas. Et ça, je comprends pas."





vendredi 15 août 2014

Dès mon réveil au Cap

une notification de sms avait retenti. Jérémy me demandait si je pouvais passer. Je lui demandais 20 minutes de repis le temps d'être propre et présentable. Il me dit :

"- c'est pas grave on ira à la douche ensemble "

Nom de Dieu ! Je sautais quand même dans la douche vite fait avant de me rendre là bas. Et puis rien.
Un chocolat même pas chaud, et pour la douche j'aurais dû y penser : Il est en caravane dans l'allée H, et utilise les blocs sanitaires communs,  sans portes .
Et là ça rigole pas. Nicolas un de nos potes s'est fait virer du camp parce qu'il s'était plus ou moins tripoté sous la douche. Ça a duré dix minutes : ils sont venus me cueillir pour le raccompagner au bungalow où il a eu cinq minutes pour plier ses affaires et rendre son bracelet avant d'être foutu à la porte sans remboursement. Ça rigole dans les bungalows, les boîtes, les dunes, la plage, mais pas dans les douches communes.
De toute façon Jérémy paraissait tout d'un coup froid, visiblement plus tellement intéressé par moi. Je n'entendrai plus parler de lui de la journée, pas dans son assiette comme il me l'a dit... Il n'est même pas sorti le soir, peut-être pour rester avec son petit copain duquel il commence éventuellement à s'amouracher.
Ou alors c'est à cause de ma capacité prodigieuse à m'enlaidir d'un jour sur l'autre, je ne sais pas...
Ça va peut-être se terminer comme ça.

Vers dix sept heures retour dans les dunes où un russe éjaculera bien avant que ce que nous avions entrepris devienne sérieux. Toujours les divagations d'une soixantaine de mecs sur deux kilomètres carrés et des attroupements lorsque des minets s'emploient à faire ça à même le sol devant tout le monde.  



Ali et Quentin, qui se sont bien connectés depuis la veille, s'y sont employé. Incroyable Quentin et son visage tellement attirant, ses lèvres hyper sexuelles. Pas très grand mais quelle esthétique ! Comment se lasser de le regarder ? D'autant plus qu'une fois à poil, il laissait déroulé un sexe bien supérieur à la moyenne, magnifique lui aussi. La nature est vraiment injuste.  Tellement généreuse avec certains, si cruelle avec d'autres.
Il fit sensation dans les dunes, créant une file indienne conséquente derrière lui de mecs qui flairaient l'odeur de la jeune bombasse.

Reconnaissons-le je m'amuse moins que l'année dernière. Je me souviens de nos soirées au bungalow avec Julien et nos délires sur l'eurodance et les chansons d'Inna, qui nous chauffaient bien avant de partir pour le Look vers minuit et demie.

Cette année nous étions là, sur la terrasse avec mes colocataires plus clients de groupes de rock indépendants que des mes poufs sur maquillées qui couinent sur de la musique synthétique. Encore une bonne heure avant de partir pour le Look...

Bref. Je commençais à franchement me faire chier.

"- On va faire une sieste dans le grand lit ? On va fêter le dernier soir de Serguei. " lança Quentin.
C'est à partir de ce moment là que la soirée changea, dans cette espèce d'orgie à quatre avec Ali et son fessier rond à croquer. Quentin déballait sa grosse bite en même temps que son sachet de gel et ses capotes, puis s'employait à lubrifier tout se qui passait, avec une certaine expérience je dois reconnaître. Il prenait Ali alors que  Serguei, avec lequel nous fêtions cinq ans d'amitié platonique, me prenait dans la même position avant d'éjaculer sur mon ventre en prononçant un truc en russe. Cyprien avait passé une tête dans la chambre, et avait lancé deux ou trois vannes qui trahissaient assez clairement sa frustration de ne pas avoir été de la partie.

C'était très spontané, très fun, et j'avais obtenu d'un seul coup un beau collier de bombasses. Est ce pour ca ou à cause du nombre de partenaires simultané que je n'ai pas réussi  à bander ? J'en sais rien. Mais si la situation m'a amusée, elle ne m'a pas excité. J'étais pas très fier. Ces plans à quatre avec des mecs plus jeunes, bien foutus et trop beaux,  ça me fait me poser trop de questions sur le moment.

Deux heures plus tard c'était plus la même. Au Pharaon où nous avions tous bougé, je retrouvais deux Toulousains rencontrés l'année dernière, et alcool aidant, déconnions sévèrement à base de commentaires et de vannes très connes. En plus le DJ passait in extenso une version non-remixée de Who's that Chick, c'est dire si j'étais dans mon élément.

Ça déconnait à base de marques de sous-vêtements aussi, et je virais mon bermudas sur la piste de danse pour montrer le miens acheté à Gigastore. La partouze du bungalow ne m'avait peut-être pas fait bander mais elle m'avait en tout ca bien chauffé. Ça commençait à tripoter sous les stroboscopes.

C'est une petite gifle, pour déconner elle aussi, qui m'a fait bander en quelques secondes. Et alcool aidant, curieux passant, Ali et Quentin revenant, je me retrouvais presque à poil en plein milieu du passage en train de me faire gifler, fesser, et sucer simultanément.

"- Plus fort ! MAIS VAS Y PLUS FORT !  Non lui il le fait mieux, il laisse traîner ses doigts après la baffe. Ah ouais c'est cool quand tu m'insultes là, recommence... "

Ça se prenait vachement au jeu, tout en restant néanmoins de très bonne humeur, ça giflait et fessait de plus en plus violemment même s'il n'osaient pas y aller franchement, et j'étais le premier à m'étonner d'être autant excité au fur et à mesure des maltraitances..

En fait ça a cessé de m'amuser lorsque je me suis vu mettre une capote et baiser le jeune mec au jock-strap alors que Ali et Quentin et les Toulousains n'étaient plus là.

Folle soirée.
À bien des égards, au Cap d'Agde on se découvre chaque jour un peu plus que la veille.




jeudi 14 août 2014

Dès mon arrivée dans le camp naturiste

je retrouvais immédiatement l'atmosphère habituelle. Arrivé au bungalow à treize heures, six mecs dormaient encore, certains affalés sur la banquette du salon. Le bungalow est prévu pour quatre personnes seulement, et c'est ça qui est bon.

Il va falloir que je trouve de la place pour ranger mes vêtements et mettre mes courses au frais.  Le frigo déborde de toutes les victuailles de mes colocataires et des pots de bolognaise entamés de ceux qui m'ont précédés. Ça tombe bien,  Xavier part à seize heures et on pourra jeter des trucs, mais sera remplacé par un jeune Quentin magnifique qui débarquera le soir même, et sur lequel 96% des mecs se retourneront pendant toute la soirée.

Ça se réveille doucement. On dit "naturiste" mais en fait on est à poil qu'à la plage.

On m'annonce les nouvelles des premiers jours sans que j'aie à les demander. Serguei a fricoté tout le séjour avec Xavier, qui a commencé à tomber amoureux, le con. Ali a passé la nuit dernière dans le bungalow de nos potes ukrainiens qui l'ont sauté jusqu'à cinq heures du matin.
Mais le plus incroyable c'est R. le jeune aristo à côté duquel je m'étais mis à me branler en Italie le mois dernier et que je surnomme "la jeunesse U.M.P" depuis notre première rencontre ici au Cap d'Agde il y a deux ans.
J'avais senti dès le début qu'il avait des propensions à la soumission, et je l'écrivais même ici.
Derrière ses bonnes manières et son rang, il restait convenable et mystérieux. Mais cette année il s'est totalement lâché et a trouvé sa voie. Il s'est fait dégoter par
 deux maîtres qui l'ont tenu en laisse pendant trois jours. Inimaginable. Il rentrait parfois au bungalow désemparé en lançant :

"- Tu te rends compte mon maître m'a dit que j'étais moche et que ressemblais à une pute"

tout en jouissant de se sentir ainsi humilié. C'est dingue ce que la fréquentation de cet endroit peut faire ressortir comme fantasmes chez les gens. Moi-même, il m'aurait été inimaginable, et même horrifiant de faire du sexe en extérieur devant d'autres personnes. Et pourtant...

Et puis il y a eu Jérémy, le compagnon épistolaire de ma rando en Bourgogne, qui guettait mon arrivée par sms. Il demanda immédiatement à me voir. Je me sentais fébrile et lui faisais comprendre que je ne comptais pas le rencontrer en présence de son tout récent petit copain.
Pourtant c'est avec lui qu'il s'est pointé au bungalow dix minutes plus tard pour me faire la conversation. Et moi au lieu de l'envoyer chier, je leur donne aimablement la réplique pendant vingt minutes comme si de rien n'était,  me montrant même très connivent avec le petit ami en question.

Lâcheté ? Non, stratégie.

Il y avait beaucoup de vent aujourd'hui et la plage n'offrait pas ses plus beaux spectacles d'exhibitions habituelles d'après dix huit heures. Tout juste me suis-je fait sucer dans les dunes par un garçon aux yeux d'un bleu incroyable, ce qui n'a pas grand intérêt il faut bien le reconnaître.
Pour parvenir à m'exciter, j'ai focalisé sur un type sur-membré qui se tripotait en nous regardant. Je crois que ça y est, j'ai maintenant fait le tour de ce genre de plan pas folichon en public qui m'amusait tant l'année dernière.

En rentrant, les sms de Jérémy avaient repris, à ma grande surprise, disant qu'il avait été particulièrement heureux d'enfin pouvoir me rencontrer.
Comment le prendre ? Plutôt bien, vu les messages qui ont suivi laissant filtrer son envie de câlins.



Puis en fin de soirée je l'ai revu au bar le Look, discrètement entreprenant malgré la présence de son nouveau compagnon dans les alentours.

"- Ça tient toujours ma proposition de soirée ensemble tu sais, Benoît dort pas avec moi, je suis seul dans la caravane la nuit... "

Quand je vous disais qu'au Cap d'Agde rien n'est jamais perdu.